Webblog  Le blog de TME520


RSS    login



L'étrange histoire d'Alain Debois (9)
tme - 2015-12-29


Il est un peu plus d'une heure du matin lorsqu'Alain descend dans sa chambre. Vêtu d'un confortable pyjama, allongé sur son lit, il demande à Cortana d'éteindre les lumières de l'appartement. Les éclairages de l'extérieur dessinent des ombres mal définies sur le sol de la pièce ; il n'y a pas un bruit. Un groupe de sept ou huit personnes, des amis si on en juge à la façon dont elles se comportent, traversent la place en riant et en faisant de grands gestes. Un peu troublé, Alain songe que seule une vitre qu'il n'espère pas trop transparente le sépare de ces gens.

A 2h30, il est réveillé en sursaut par un cri ; il jurerait que quelqu'un - une jeune femme - a crié "Oh !" dans son oreille droite. Mais il n'y a personne.

La voix de Cortana retentit : "Avez-vous fait un cauchemar Alain ? Vous venez de vous réveiller brusquement". Le mur bordant son lit s'illumine très doucement, comme une veilleuse. "Avez-vous besoin de quelque chose ?"

_ "Humm...euh...non...non, merci," déclare lentement Alain, encore déboussolé.

_ "Il y a une bouteille d'eau fraîche dans le mini bar à votre gauche."

_ "Merci Cortana."

Alain s'assoit sur le bord de son lit, boit une longue rasade à même le goulot, puis se tourne vers le mur opposé :

_ "Cortana, est-ce que vous pouvez rechercher des personnes disparues ?"

_ "Oui."

_ "Est-ce que vous pourriez...", il marque une pause, "...est-ce que vous pourriez chercher ma fille ?"

_ "Oui. J'ai besoin d'au moins son nom et d'une ou plusieurs photos."

_ "Sophie. Sophie Debois. Née le 27 janvier 1972 à Longjumeau en France. Disparue le 2 janvier 1987 sur la Départementale 29 entre Valberg et Péone. L'heure exacte est inconnue. Aux environs de 2h-2h30. Accident de voiture."

_ "Entendu. Avez-vous une photo ?"

_ "J'ai des photos d'elle sur mon compte Facebook."

_ "C'est très bien. Identifiez-vous en utilisant le clavier que je viens de faire apparaître sur le mur. Je ne conserverai pas votre mot de passe, à moins que vous le demandiez."

_ "Ne le gardez pas pour le moment."

Alain saisit ses identifiants en tapotant du bout des doigts sur le mur. Ce n'est pas très pratique.

_ "J'ai trouvé un album portant le prénom de votre fille. Voulez-vous bien que j'utilise toutes les images ?"

_ "Allez-y."

_ "Je vais afficher les photos une par une. J'ai besoin que vous m'indiquiez son âge sur chacune d'entre-elle."

_ "OK."

Le mur passe au noir, puis devient bleu marine. Alain a la gorge nouée. Une première photo apparaît.

_ "5 ans et demi."

La photo disparaît, puis une autre la remplace une seconde plus tard.

_ "12 ans."

L'exercice se poursuit pendant quelques minutes, puis Cortana déclare :

_ "Merci Alain. Laissez-moi récapituler : votre fille, Sophie Debois, née le 27 janvier 1972 à Longjumeau, 91160, Essonne, France. Disparue le 2 janvier 1987 sur la Route Départementale Française numéro 29 quelque part entre la station de ski Valberg, Alpes-Maritime, France et la ville de Péone, 06470, Alpes-Maritime, France aux alentours de 2h du matin."

_ "C'est exact. Elle allait avoir 15 ans."

_ "L'accident de voiture maintenant. Est-ce la Brigade De Proximité De Gendarmerie De Péone, 33 Avenue De Valberg, 06470, Péone, Alpes-Maritime, France qui est intervenue ?"

_ "Oui."

_ "Quelle était l'immatriculation du véhicule dans lequel se trouvait votre fille ?"

_ "222RS91"

_ "Merci Alain. Je vais recouper ces informations et je vous ferai un rapport. J'en ai pour environ 10 minutes."

Alain s'allonge sur le flanc, le regard dans le vide. Il regrette d'avoir parlé de l'accident, cela ne lui fait aucun bien. Il ne peut pas rester ici, il faut qu'il sorte.

_ "Cortana, j'ai besoin de prendre l'air."

_ "Vous ne pourrez pas quitter le bâtiment à cette heure-ci, mais je peux vous débloquer l'accès à la place centrale."

_ "Faites donc ça."

Alain se prépare à enfiler une robe de chambre quand la partie inférieure de la baie vitrée se soulève telle une herse, supprimant toute séparation entre son appartement et l'extérieur.

_ "Oh, ça alors..." dit-il, surpris.

_ "Vous pouvez sortir, je referme derrière vous. Tapez au carreau une fois de retour."

_ "Entendu...vous êtes un sacré ordinateur Cortana."

_ "Merci Alain."

_ "Oh, j'y pense, vous pouvez faire ça pour tous les étages ?"

_ "Oui, je peux rétracter la baie vitrée sur toute sa hauteur."

_ "Vache, ça culmine à 20 mètres là-haut..."

Le petit spectacle dont il vient d'être le spectateur a totalement changé son humeur. Elle s'est allégée.

_ "Cortana, je vais m'asseoir juste là, dehors, ne refermez pas, ce n'est pas la peine."

_ "Entendu."

Mains dans les poches il franchit la baie vitrée relevée au quart de sa hauteur totale, puis s'adosse au mur. Il n'y a pas un chat, les écrans géants projettent des images de ciel étoilé. La fatigue le rattrape, il s'assoit par terre, jambes repliées contre son buste, puis s'endort.






L'étrange histoire d'Alain Debois (8)
tme - 2015-12-16


_ "Alain, les archivistes demandent à entrer."

_ "Ouvre la porte."

Deux hommes en blouse blanche dont l'un pousse un chariot entrent. Sous un drap blanc, un objet rectangulaire d'environ 50 cm de haut.

_ "Alain, je vous présente Shuky et Ramesh" dit Avi.

_ "Messieurs, bonsoir."

_ "Bonsoir Alain !"

_ "Bonsoir."

Ramesh, un indien en début de cinquantaine, prend la parole :

_ "Voilà la raison pour laquelle vous êtes parmi nous Alain, le fameux tableau."

Shuky, la soixantaine en forme, typé méditerranéen, s'éclaircit la voix, puis déclare :

_ "On peut le monter dans votre labo avant de le déballer, qu'est-ce que vous en pensez ?"

_ "Ah oui, ça me semble judicieux. OK Cortana, j'ai besoin de monter dans mon bureau."

_ "Deuxième étage."

Les quatre hommes montent dans l'ascenseur qui les dépose bientôt au niveau du labo, après quoi Ramesh découvre le tableau, enchâssé dans un cadre protecteur qu'il enlève à son tour.

_ "48 cm de hauteur, 37 de large, peinture à l'huile datée de 1710. L'état général est correct, quelques dommages sont visibles, notamment en bas à gauche au niveau de la date et de la signature," déclare Shuky.

Ramesh prend la suite :

_ "On l'a récupéré il y a cinq mois dans l'état où vous le voyez actuellement. Aucune restauration d'aucune sorte n'a été entreprise. C'est moi qui ai fait la découverte, dans le laboratoire d'analyse des archives."

_ "Alain, on a besoin de votre expertise afin de procéder à une étude plus poussée," déclare Avi.

_ "Laissez-moi voir un petit peu, que je me fasse une première idée," dit Alain tout en se positionnant face au tableau. Il fixe la peinture un moment, fait la moue, puis reprend :

_ "Il faut donc que ce soit ce tableau en particulier qui présente une énigme. J'avais entendu parler de lui dans le passé, ça me revient. Les ufologues le considèrent comme une preuve de l'existence d'extra-terrestres. Ils confondent l'Esprit Saint et les hommes verts... Ce rai de lumière qui descend du ciel, ici, il représente en fait la Sainte Trinité veillant au Bien depuis les cieux. C'est très religieux comme symbolisme, évidemment."

_ "Je vois que vous connaissez votre sujet," déclare Avi.

_ "Est-ce que vous voulez qu'on travaille un peu ensemble ce soir Alain ?" demande Ramesh.

_ "J'aurais besoin de quelques outils et de divers produits chimiques. Un microscope serait très utile aussi. Euh...quoi d'autre... Ah ! Une jolie blouse blanche comme la vôtre, des gants en latex, plusieurs pipettes, des récipients, des tubes à essai, de quoi écrire et c'est à peu près tout."

_ "C'est super Alain ! Faites une liste détaillée, Shuky va vous préparer tout ça," déclare Avi, enthousiaste.

 

 

Il est minuit vingt lorsque Ramesh et Alain montent ensemble vers la piscine.

_ "C'est dingue n'est-ce-pas ?" demande Ramesh.

_ "Je n'en reviens pas, la peinture me semble d'époque, je ne comprends pas comment cet avion a pu se retrouver là. Vraiment je ne saisis pas."

_ "Il faudrait qu'on fasse une datation spectroscopique du bois demain."

_ "Certainement. Ne le prenez pas mal, mais j'aimerais qu'on refasse une réflectographie à infrarouge ici avec mon matériel. J'ai envie de voir par moi-même."

_ "Aucun soucis Alain, je comprends que vous ne veuillez rien laisser au hasard. Et puis j'ai très bien pu rater un détail, après tout, ce n'est pas ma spécialité."

Les deux hommes s’assoient au bord du bassin, les pieds dans l'eau.

_ "Mon Dieu, je suis épuisé," baille Alain.

_ "Pas mieux."

_ "Cela fait combien de temps que vous travaillez ici ?"

_ "J'ai été recruté en 1995, un mois à peine après la mort de ma femme et de mes deux enfants."

_ "Oh, je vous demande pardon, j'aurais dû faire preuve de plus de tact," s'excuse Alain.

_ "Il n'y a pas de mal, j'ai fait mon deuil. Les gens ici m'ont beaucoup aidé. Avi a été formidable, je lui suis particulièrement reconnaissant de m'avoir donné cette chance de rebondir."

_ "Comment ça s'est passé pour vous, le recrutement ? Moi j'ai trouvé une cassette VHS devant ma porte ce matin."

_ "Un homme assez corpulent est venu me voir alors que j'étais en convalescence à l'hôpital. Il a été direct, sans détours. J'avais besoin de ça de toutes façons, me changer les idées. Je n'allais pas bien. Pas du tout."

_ "Désolé de faire remonter de mauvais souvenirs, j'aurais mieux fait de parler d'autre chose."

_ "Et vous Alain, c'est quoi votre histoire ?"

_ "Pas grand-chose, je suis...j'étais un retraité veuf ordinaire je crois. J'ai deux fils qui viennent me voir de temps en temps. Le plus jeune s'est installé en Chine avec sa famille."

_ "Il parle couramment Chinois ?"

_ "Oui, il est trilingue Anglais-Russe-Chinois. Et Français. Son épouse vient d'Ex-URSS."

_ "Et votre second fils, il fait quoi ?"

_ "Il travaillait dans la finance à Singapour, mais il a dû revenir en France à cause des attentats."

_ "Ah oui, ils en ont parlé aux infos. En 2018 je crois, un groupuscule d'Islamo-Marxistes il me semble."

_ "Islamo-Marxistes...oui. Drôle de mélange."

_ "Oui, bizarre."

Alain fixe l'eau en silence pendant une minute ou deux, puis poursuit :

_ "J'avais une fille aussi. Elle est décédée en 1987. Un accident de voiture." Il se tourne vers Ramesh et le regarde droit dans les yeux.

_ "Les pompiers n'ont pas retrouvé son corps. Il y avait du sang, mais pas de corps. Il faut dire que la voiture était dans un état...une petite 205, Peugeot. Les jeunes aimaient ça à l'époque. Complètement écrasée."

_ "Bon sang... Vous avez dû traverser des moments terribles..."

_ "Je me souviens de l'expert en assurance, un type mince au visage sec, une vraie caricature. Je dois reconnaître qu'il connaissait son métier, il a soulevé pas mal de problèmes, d'incohérences. La police s'en fichait, c'était une petite gendarmerie paumée dans la montagne. Il roulaient encore en 4L."

Ramesh acquiesce doucement.

_ "La voiture a percuté un poids lourd à la sortie d'un virage. Le jeune conducteur allait un peu vite et il n'a pas réagit suffisamment rapidement. Les pompiers m'ont dit qu'il devait rouler à 110 km/h pour que la voiture finisse dans cet état. Le pauvre garçon s'est empalé sur la colonne de direction. Quant à ma fille, mystère. Elle serait passée au travers du pare-brise, mais je vois mal comment elle aurait pu ne pas se retrouver dans la cabine du camion. Or son corps n'a pas été retrouvé. Ce n'est pourtant pas faute d'avoir cherché..."

_ "Je suis navré. J'ai une idée de ce que vous avez dû subir."

_ "Au risque de vous choquer...c'est du passé. Je veux dire, ma fille...ma fille n'est plus de ce monde, il ne reste que des images jaunies, vous voyez. C'est le destin des morts, ils deviennent des souvenirs, toujours vivants dans le coeur de leurs proches, mais rien d'autre qu'un écho qui se perd dans la distance pour le reste du monde. Je ne me reconnais même pas moi-même sur les photos. Je vois juste un trentenaire comme un autre, qui pourrait être mon fils ou un jeune cousin éloigné. Quelqu'un d'autre."

_ "Je connais ce sentiment. Pour tout vous dire, je n'ai gardé qu'un seul grand portrait de famille. Tout le reste est passé à la broyeuse. Les cassettes vidéo, les photos, les pellicules, tout."

_ "C'était ça ou se racornir en même temps que les images."

_ "Oui. Oui, c'est ça."






L'étrange histoire d'Alain Debois (7)
tme - 2015-12-15


Avi parti, Alain se retrouve seul pour la première fois depuis qu'il a quitté la gendarmerie là-bas, en France. Conscient qu'il est encore trop tôt pour réaliser la pleine portée de la décision qu'il a prise de venir en Israël, il décide de prendre une douche. Avant d'ouvrir la penderie, il jette un coup d'oeil au lit, assez grand pour accueillir au moins trois personnes. Les draps sont impeccables, les oreillers dodus à souhait. Au moins il dormira bien.

Alain se retourne et se rend compte qu'on peut probablement le voir au travers de la grande baie vitrée donnant sur la place centrale.

_ "OK Cortana. Tamise la lumière."

_ "Tout-de-suite Alain."

_ "Merci Cortana. Je vais me doucher."

A peine a-t-il fini sa phrase que les portes de l'ascenseur s'ouvrent.

_ "Premier étage. Voulez-vous que je recycle l'eau du jacuzzi ?"

_ "Non, je ne vais vraiment prendre qu'une simple douche."

_ "Désirez-vous que quelqu'un vous assiste ?"

_ "Ah...euh...comment ça ?"

_ "Je peux appeler une infirmière ou une compagne."

_ "Merci, je vais m'en sortir tout seul. Oh, par contre, est-ce que je peux avoir mes médicaments maintenant ?"

_ "Je fais venir l'infirmière. Patientez un instant, elle va se présenter à l'entrée du personnel."

_ "OK."

Deux minutes s'écoulent dans le silence, puis un carillon retentit.

_ "Alain, Samira, votre infirmière, souhaite vous apporter vos médicaments. Dois-je la laisser entrer ?"

_ "Oui, ouvrez la porte."

Samira entre dans l'appartement, souriante, un petit plateau à la main.

_ "Bonsoir Alain, je m'appelle Samira. Enchantée."

_ "Bonsoir Samira. J'ai demandé à Cortana de me faire apporter mes médicaments, j'ai l'habitude de les prendre avant d'aller me doucher."

_ "J'ai vos cachets et votre ampoule. Vous voulez que je la dilue dans le verre d'eau ou vous la prenez à part ?"

_ "Diluez-la, ce sera bien."

L'infirmière s'exécute, ses gestes sont sûrs. On voit qu'elle a du métier.

_ "Voilà Alain, c'est prêt."

_ "Parfait, je vais descendre tout ça d'un coup."

Alain prends les cachets, les mets dans sa bouche, avale une grande rasade d'eau, puis marque une pause.

_ "C'est comme ça quand on se fait vieux, on devient imbattable en avalage de cachetons."

Samira rit, ses yeux pétillent. Alain se fait la réflexion qu'elle est une bien jolie femme, à l'aise dans sa quarantaine.

_ "Je reviens demain matin pour compléter votre dossier médical. Je vous préparerai un petit programme de remise en forme, on va prendre soin de vous."

_ "Et bien écoutez, ce sera un plaisir de vous revoir."

Samira repasse la porte, se retourne et salue Alain.

_ "Passez une bonne nuit Samira."

_ "Vous aussi, dormez bien."

Une fois la porte refermée, Alain inspecte le contenu de la penderie. Il y a des sous-vêtements, des peignoirs, des t-shirts et des pantalons de jogging, le tout disponible en tailles S, XL et XXXL. Une paire de Nike Airmax 2020 et des claquettes sont également à disposition. Il se munit de ce qu'il lui faut et prend la direction de l'ascenseur.

La salle de bains est somptueuse : douche à l'italienne, baignoire gigantesque intégralement éclairée, double-lavabo en marbre brillant, miroirs gargantuesques décorés de feuilles de vigne en stuc, gueules de lions en guise de robinets, sèche-serviettes à air pulsé et sol intégralement recouvert d'une mosaïque Antique, Alain n'en revient pas. Tout cela a vraisemblablement coûté une véritable fortune. Avi lui a dit qu'il y avait 200 appartements comme le sien, cette organisation doit disposer d'un budget hors du commun. Sans compter le métro et le reste du souterrain.

Toutes ces interrogations se rangent sagement sur le côté à l'instant même où il pénètre sous la douche.

Alain est sorti de la douche depuis à peine 5 minutes quand la voix de Cortana retentit :

_ "Alain, Avi est à l'entrée. Dois-je lui ouvrir ?"

_ "Oui."

Avi a changé ses habits et se montre particulièrement souriant.

_ "J'ai plein de bonnes nouvelles pour vous Alain. J'ai déjà votre pass définitif et je peux vous faire monter le tableau dès ce soir."

_ "Vraiment ?"

_ "Oui, tenez, le pass. Je reprends le temporaire."

_ "Oh..."

Alain fouille ses poches, se souvient qu'il n'a plus les même vêtements qu'en entrant et file vers le lit où il a déposé ses habits sales.

_ "Le pass est dans la poche de mon pantalon...hop, voilà !"

_ "Merci. Pour le tableau, ça vous tente ?"

_ "Euh...oui, oui je veux bien le voir. Je ne vais probablement pas l'analyser de suite, mais je suis curieux de l'inspecter en vitesse."

_ "Naturellement. OK Cortana, fais monter le tableau...euh...INSP-1428-2019-03 s'il-te-plaît."

_ "Avi, le tableau sera là dans une dizaine de minutes."

_ "Tout se passe bien Alain ? Vous avez testé la salle de bains à ce que je vois. Elle est bien, hein ?"

_ "Oui, c'est somptueux. C'est bien plus joli que chez moi. Il a dû coûter cher ce bâtiment, non ?"

_ "Ah ça, oui. Mais ne vous faites aucun soucis, on a un budget en béton. On peut en construire plein d'autres. Et ce qui compte, c'est que vous soyez à l'aise pour travailler."

_ "Cet appartement me plaît, vous n'avez pas menti."

_ "Si vous voulez, demain, on peut faire une visite des autres étages. Il faut prévoir l'après-midi."

_ "C'est si grand que ça ?"

_ "C'est très très vaste ; il y a 50 étages comme celui-ci. Nous sommes au sommet d'une tour qui fait un kilomètre et demi de haut. Enfin, c'est plus un bunker, un bunker très confortable et autonome. Aucune nourriture ne vient du dehors. On fait pousser nos légumes, nos fruits. Et les laboratoires de haute-sécurité, mon Dieu ! C'est un truc à voir !"

_ "Oh oui alors, j'aimerais bien voir ça de mes yeux. Va pour demain."

_ "Deal !"






L'étrange histoire d'Alain Debois (6)
tme - 2015-12-15


Le métro roule à pleine vitesse pendant une vingtaine de secondes, puis ralentit doucement pour s'arrêter pile face à un petit quai large d'une dizaine de mètres dont les lumières s'allument en même temps que la porte de la rame s'ouvre. Alain et Avi descendent, font quelques pas, puis marquent une pause. Alain regarde tout autour de lui, curieux.

_ "On n'a pas l'impression d'être dans un souterrain. C'est propre et ça a l'air tout neuf."

_ "Les travaux de rénovation ont été finis il y a trois semaines; vous êtes le tout premier occupant de cet appartement. Auparavant, cet étage ne comportait que des salles de réunion."

Le sol est recouvert de dalles de marbre blanc mat et aux murs sont fixés de larges panneaux de bois clair, peut-être du pin vernis. Le plafond, situé quatre ou cinq mètres plus haut, n'est qu'une immense dalle lumineuse. Avi sort une sorte de carte de crédit de la poche de son pantalon :

_ "C'est votre clef temporaire. Votre passe définitif sera prêt demain à 13 heures. Je vais vous accompagner à l'intérieur et vous faire visiter."

Sur ce, il pose la carte sur la grande porte de bois et de verre marquant l'entrée de l'appartement; celle-ci se déverrouille sans un bruit et s'ouvre en coulissant. Le plafond tout entier s'illumine au moment même où les deux hommes entrent.

_ "Ici, c'est le rez-de-chaussée, votre chambre. Le lit est derrière ce mur à gauche. Sur la droite, la penderie et un peu plus loin, l'ascenseur qui monte aux étages."

_ "Il y a des étages ?! Combien ?"

_ "Trois au total. On va monter ensemble. Regardez, ici sur votre droite, cette porte : c'est l'entrée réservée au personnel d'entretien. Ils n'ont pas de clef, c'est vous qui devez les laisser entrer. Ils changent vos draps, vous donnent vos médicaments, font le ménage, nettoient la piscine..."

_ "La piscine ?! Il y a une piscine dans cet appartement ?!"

_ "Oui, tout en haut au troisième. Deux mètres de profondeur, quinze mètres de longueur, six de large, fond transparent et vue sur la place centrale."

_ "Je suis curieux de voir ça. Je n'ai jamais eu de piscine chez moi."

_ "Et bien voilà qui est fait. Notez que chaque étage dispose d'une baie vitrée donnant sur la place; vous avez une jolie vue."

_ "Il y a une place où ça ?"

_ "Venez, je vais vous montrer."

Avi et Alain traversent l'appartement, un bel espace de vingt mètres sur dix avec une hauteur de plafond toujours à quatre ou cinq mètres.

_ "Alors attendez, il faut que j'active votre ordinateur pour commander les rideaux."

_ "Ah un ordinateur, ça fait longtemps que je n'en n'ai pas utilisé un. Mon téléphone me suffit."

_ "Restez là, je reviens de suite" dit Avi en repartant vers l'entrée.

Une poignée de secondes plus tard, ce qu'Alain croyait être un simple mur change de couleur, clignote, repasse au noir, puis affiche finalement un décor champêtre.

Avi revient et demande :

_ "Vous êtes droitier ou gaucher ?"

_ "Gaucher. Je suis gaucher."

_ "OK, alors posez votre main gauche sur le mur et dites OK Cortana."

Alain, un brin hésitant, s'exécute.

Une voix féminine lui répond :

_ "Nouveau profil. Quel est votre prénom ?"

Alain jette un coup d'oeil interrogatif à Avi qui lui fait un petit oui de la tête.

_ "Alain."

_ "Bonjour Alain, je suis Cortana, votre ordinateur personnel. Dites simplement OK Cortana quand vous avez besoin de moi. Je vous entends depuis n'importe quelle pièce de cet appartement."

Avi prend la parole :

_ "OK Cortana. Ouvre les rideaux."

_ "Bonjour Avi. J'ouvre les rideaux. Voulez-vous que je tamise la lumière ?"

_ "Non."

_ "C'est bien comme ordinateur ça. Le mien était nettement plus basique."

Avi sourit, puis s'avance vers la baie vitrée qui fait toute la largeur de l'appartement.

_ "Voilà la jolie vue que vous avez. Directement sur la place centrale. La tour au milieu contient des boutiques, des bureaux et des appartements. L'esplanade avec les arbres, c'est pour les promenades. Il y a une zone de loisirs, mais on ne la voit pas d'ici. Elle est derrière cet écran géant."

Alain s'avance à son tour. Une tour de verre de vingt mètres de haut se dresse au milieu d'une grande place plantée d'arbres. L'endroit est très lumineux et des écrans gigantesques allant du sol au plafond projettent en alternance des scènes de rues et des panoramas de montagne ou de forêt.

_ "C'est un sacré trou que vous avez dû creuser; ça fait au moins cent mètres de diamètres."

_ "L'histoire des lieux est intéressante, vous pourrez en parler avec votre ordinateur. Je voudrais monter à l'étage vous faire voir la salle de bains et la cuisine."

_ "OK, je vous suis."

_ "Alain, demandez à Cortana de vous appeler l'ascenseur, ça vous fera un entraînement."

_ "OK Cortana."

_ "Vous voulez l'ascenseur Alain ?"

_ "Oh...oui oui, c'est bien ça."

_ "L'ordinateur entend ce que vous dites et se tient toujours prêt à rendre service."

Les deux hommes montent dans la cabine :

_ "OK Cortana. Je vais à la cuisine."

_ "Premier étage."

L'ascenseur démarre et en un rien de temps, ses portes s'ouvrent sur une grande pièce disposant d'une cuisine à l'américaine, d'une grande table avec huit chaises et d'un billard.

_ "La salle de bain est à gauche et les toilettes sont juste à côté."

_ "C'est bien aussi ici. Je cuisine très peu, je mange plutôt des plats préparés."

_ "Vous pouvez appeler un cuisinier quand vous voulez, à n'importe quelle heure. Demandez à votre ordinateur de faire venir quelqu'un, et hop, il vient."

Alain opine du chef, à la fois surpris et un peu intimidé. L'endroit est très supérieur à tout ce qu'il a connu jusque là.

_ "On monte dans votre bureau ?"

_ "Oui. Euh...OK Cortana. Je voudrais me rendre dans mon bureau."

_ "Deuxième étage."

Le bureau est à l'image des deux étages précédents : spacieux, propre, lumineux et haut de plafond.

_ "On voit l'eau de la piscine au travers du plafond. C'est bien ça !"

_ "C'est un bel appartement. Regardez au sol, c'est une mosaïque dans le style de ce qui se faisait dans l'Antiquité. Et les murs, c'est de la vraie pierre. Sur le bureau, vous avez ce qu'il vous faut pour travailler."

_ "C'est vraiment joli."

_ "Alain, je vais vous laisser seul pendant une bonne heure, je dois m'occuper de quelques tâches administratives pour vous. Je reviens à 19 heures, ça vous va ? Vous pouvez prendre une douche, vous relaxer dans le jacuzzi, faire une sieste, comme vous voulez."

_ "Est-ce que j'ai des habits et des serviettes ?"

_ "Oui, dans la penderie, il y a des robes de chambre, des pyjamas et de quoi vous essuyer."

Avi tend son pass à Alain et lui dit :

_ "Votre pass définitif sera prêt demain. On vous fera monter le tableau en début d'après-midi, mais rien ne presse."

_ "D'accord, ça me va."

_ "OK Cortana. Je voudrais aller dans ma chambre."

_ "Rez-de-chaussée."






Un achat inattendu
tme - 2015-12-04


Microsoft XBox Classic

Bon sang, il faut que je fasse quelque chose pour ce blog... J'en ai écrit le moteur en 3 jours au mois de mai 2008, le biniou a besoin d'une mise à jour.

Lundi ou mardi, je ne sais plus, Ia est allée faire un tour dans une sorte de Cash Converters et m'a acheté une PS2, une XBox et un routeur Netgear. La Playstation n'arrivant pas à lancer Gran Turismo et le routeur étant pourri, ils sont tous deux repartis encombrer les rayonnages le jour suivant. Reste une XBox. Comme le montre la photo, c'est le gros modèle de 2001.

La machine est grosse, vraiment, et fait du bruit. Beaucoup. Il faut dire qu'elle embarque deux ventilateurs et un disque dur du même genre que ceux qui équipaient les chars de la Wehrmacht. Ce que j'en fais ? J'ai commandé une petite série de jeux sur eBay. Pour l'instant je dispose de Star Wars : KOTOR, DOOM 3, Metal Slug 4 et Fable. J'attends de reçevoir Shenmue 2 et Morrowind. J'ai également copié des CDs dessus; mes vieilles conneries habituelles, Blind Guardian, Megadeth, Metallica, Miles Davis... J'avais acheté ces disques pour les lire sur ma PC Engine dont le lecteur de CD a rendu l'âme il y a 2 mois.

Je dois avouer que je fais le même constat que pour la Playstation 1: c'est bien construit. Le soin apporté à la conception et à la fabrication de l'engin est flagrant. Autre confession: j'aime bien le design du boîtier de la XBox, je trouve qu'il a bien vieilli.

Je me demande ce que penserait le Moi d'il y a 10 ans si je lui disait que ma femme asiatique m'a acheté une XBox et une PS2.






Ma vie de voyou
tme - 2015-10-22


Au bureau, je vis dangereusement. Je prends des risques, du genre qui peuvent coûter cher. Régulièrement, non sans un frisson semblable a celui que ressent probablement le cambrioleur lorsqu'il pénètre une villa inconnue, je met mon honneur et ma fierté en jeu.

Je vais faire mon caca dans les toilettes-douches réservés aux handicapés et aux porteurs du Badge Spécial.

Ne riez pas, une pancarte écarlate collée sur la porte rappelle a quiconque serait tenté de frauder qu'une autorisation écrite est requise. Indispensable.

Mais voila, les WC classiques n'offrent pas un excellent niveau de protection vis-a-vis du regard et de l'ouïe des autres usagers. On entend la taule grincer, si vous voyez ce que je veux dire. J'ai bien tenté de prendre les choses avec décontraction, j'ai même téléchargé une appli "Mega Prouts" sur mon smartphone, rien que pour terrifier mes voisins de trône avec des séries de vents surhumaines. De vrais ouragans.

Cela n'a pas suffit. Mon besoin de sécurité l'emporte sur la peur de la sanction.

Dans les toilettes handicapés, j'ai plein de place, une douche et un WC rien que pour moi. Je peux lâcher les chiens comme un diable, personne ne viendra toquer a ma porte en demandant si "ça va bien ?", aucun regard menaçant aux lavabos en provenance d'un haut gradé désireux de garder le secret au sujet de ses soucis de tuyauterie.

Malheureusement pour moi, j'ai découvert que tout n'est pas rose quand on occupe un siège qui ne nous est pas destine. Oh que non.

Ma hantise : la femme de ménage. Elle a la clef. Je suis terrifié a l'idée qu'elle se pointe, demande s'il y a quelqu'un et veuille voir mon Badge Spécial.

"Glissez-le sous la porte" qu'elle dirait.

Et moi ? "Euh...je l'ai laissé sur mon bureau..."

"C'est pas grave, montrez votre passeport, ça marche aussi."

"Je...je..."

Et la, entendre son talkie-walkie crachoter : "Niveau 11, j'ai un clandestin au niveau 11."

Merde. Je ne suis pas présentable. Je me rue sur le rouleau, me disant que je peux effacer les preuves, mais la guêpe n'est pas bête, elle flaire le coup.

"Ne bougez plus, ne nettoyez rien, le concierge va vous mettre en état d'arrestation."

"Quoi ?! Non, je peux payer !"

Drame. Une minute plus tard, la porte s'ouvre et on m'extirpe de mon cocon, pantalon baissé, encore tout souillé. On me traîne dans les couloirs, mes collègues quittent leurs chaises pour voir ce qui se passe.

"Cet homme utilise les WC handicapés sans autorisation !"

Et la foule : "Bouhou ! Qu'on lui retire sa carte de cafétéria ! Qu'on lui coupe les couilles !"

La honte.






Mariés !
tme - 2015-09-11


Il y a deux jours, le mercredi 9 septembre 2015, Ia et moi nous sommes mariés. La date n'a pas été choisie au hasard, puisqu'elle correspond au jour de notre rencontre à Paris en 2008. Cela fait donc 7 ans que nous sommes ensemble.

La cérémonie, très courte, a eu lieu à 14h30 au Old Treasury Building sur Spring Street à Melbourne. Très peu de monde était présent : nos deux enfants bien sûr, les parents d'Ia, Anna, puis Sam et Jo. Dix personnes au total en incluant la fonctionnaire en charge des opérations. Un mariage plutôt confidentiel donc, et rapide, mais aussi une occasion de confirmer notre attachement mutuel en dépit des difficultés auxquelles nous avons été confrontées (soit un bon paquet, sans mentir).

Je crois que quelques chiffres s'imposent. De 2010 à 2015, nous avons : 6 déménagements, 9 emplois, 2 enfants, 1 Scenic, moult semaines et week-end en astreinte, des centaines d'heures passées à Disneyland Paris et des millions de couches pleines de choses indescriptibles. Je ne compte plus les nuits où j'ai été réveillé soit par le téléphone du boulot, soit par un enfant. C'est une expérience assez nulle que de se faire tirer de son sommeil par un SMS qui nous explique que tel ordinateur est cassé, tel site web ne marche plus ou que sais-je encore.

C'est un des désavantages de mon métier : quand on est d'astreinte, les journées ne finissent jamais vraiment. Je me souviens d'un soir, il était 22h30, où j'ai dû prendre une de ces semi-saloperies d'Autolib pour remonter jusqu'à un datacenter situé à Aubervilliers ; une baie de serveurs complète s'était retrouvée privée d'alimentation, il fallait que je me rende sur place pour relancer tout ça. Nous habitions Place d'Italie dans le 13ème, j'en avais pour une heure aller, une heure retour et Dieu sait combien de temps pour solutionner le problème. Joie.

Autre cas, plus récent : migration d'une grosse boutique en ligne australienne, je devais me pointer au bureau un samedi à 2 heures du matin. Avec une gastro.

Ou cette autre fois où j'ai dû me rendre au bureau à 5 heures du matin pour...rien. Oui, il a été établi plus tard que l'alerte ne me concernait pas.

Et cette fois où je me suis retrouvé à minuit dans un datacenter désert avec un type au téléphone qui me disait : "Il faut que tu recâble le réseau, mais je n'ai aucune instruction et aucun plan".

Bref, un beau cirque, parfois à la limite de l'infernal.

Malgré tout, nous avons tenu bon.






L'étrange histoire d'Alain Debois (5)
tme - 2015-08-31


Alain ne peut cacher sa surprise lorsqu'au pied d'un long escalator Avi et lui débouchent sur une station de métro :

_ "J'ignorais qu'il y avait un métro à Jérusalem, je n'en avais jamais entendu parler."

_ "Ce réseau est propre à notre bâtiment, il ne dessert que des stations locales. En fait, il y en a une par branche et une par zone d'activité. Vous verrez tout ça sur votre ordinateur tout-à-l'heure."

_ "Hé bien, vous avez les moyens !"

_ "La mission de notre organisation est très très importante. Vous vous plairez ici, on fait des choses intéressantes, exceptionnelles."

Une rame vide arrive, portant une pancarte "Rame spéciale - 242". Les portes s'ouvrent. Alain jette un coup d'oeil à Avi qui lui fait signe de monter. Les deux hommes sont absolument seuls, aucun chauffeur en vue, personne.

_ "C'est calme", lance Alain.

_ "C'est un service spécial pour vous. On vous amène directement à votre appartement."

_ "Oh, avant que j'oublie : j'ai besoin d'un passeport et de médicaments."

Avi fouille dans la poche intérieure de sa veste, puis sourit :

_ "Tenez, vos papiers."

_ "Passeport JACOB. Qu'est ce que ça veut dire ?"

_ "C'est un passeport spécial qui vous ouvre des droits particuliers. Vous pouvez voyager en totale liberté presque partout dans le monde, sans contrôle, sans avoir à présenter vos bagages. Et vous pouvez vous installer où vous voulez, pour la durée que vous voulez."

_ "Je devrai partir à l'étranger ? Je veux dire, en dehors d'Israël ?"

_ "Pas dans l'immédiat. C'est plus une simple précaution."






Enjoying the Matrix ??? - Issue 1
tme - 2015-07-24


The Matrix : A definition

The Matrix is everywhere. It is all around us. Even now, in this very room. You can see it when you look out your window or when you turn on your television. You can feel it when you go to work... when you go to the supermarket... when you pay your taxes. It is the world that you let the system pull over your eyes to blind you from the truth.

Yes, I like to quote the movie. But you may have noticed a few differences from the original. Why is that ?

First, I replaced the church with the supermarket, because, really, who goes to the church nowadays ? Your 150 years old grandma doesn't count. Then, this sentence :

"It is the world that you let the system pull over your eyes to blind you from the truth."

I swear, this is you and no one else. No one is innocent, nobody blindfolded you, no one forces you to believe in CNN, CBS or FOX.

You want a definition of the matrix ? The matrix is mainstream, mass media, mass market, mass this, mass that, it's "everybody think that...everybody buys this...", it's the herd, the sheep, the mindless crowds pushing against the doors on Black Friday, people doing something because it's in fashion... Do you get the idea ?

The matrix is made of everyone of us every time we play the game by the system's rules.

Why does it exist ?

The matrix exist because of us. It didn't fall from the sky or isn't part of a plan from some evil entity to steal the world. Nope. Human beings are social creatures. We are naked monkeys depending on each other to survive. The better integrated to the tribe we are, bigger our chances of survival.

In rough times, when you actually have to hunt for your food (or be hunted by your food), this behavior makes sense. But in our post-industrial, pre-end-of-work society, it's a curse. We can be individuals, we can think by ourselves, we can express our own opinions without fear of reject, because being rejected doesn't mean probable death anymore.

Governments know this. Medias know this. Big corporations also does. Books have been written that tells this truth. In the 1920s. Have a look at "Propaganda" by Edward L. Bernays if you don't believe me.

Yes, this text is almost 100 years late. Damn. But so are you, and most of the people, too.

How to succeed in the Matrix ?

Well, in case you're happy there, let me give you some advice to help you succeed in the matrix. You will see, it's simple and doesn't even require a soul.

Don't thank me.

I must confess something : I once did some of the dirty mistakes mentioned above. Maybe you recognized your current self in some of them too. It's OK. No problemo. I made some stupid mistakes in my life, we all do. Yes, I did some pretty shameful things too. The truth is, that's the way we learn.

What is really shameful though, is to not learn from your past fuck ups. There is no bigger sin than remaining stuck in your own filth because of laziness.

Also, keep in mind that facts don't have to become values. It's not because you're fat that you must act as a fatness zealot. It's not because some animals eat meat that you must absolutely do the same. In many occasions we may feel stupid about ourselves. No worries: deal with it like an educated being, accept your failure, learn from it and change whatever as to change in order to improve.

Reasons not to cooperate

Let's be clear about something, something disturbing: the Matrix is comfortable. It's warm. There's room for legs. There's plenty of nice food, nice people, the air conditioning works perfectly.

If you're obedient enough for long enough, you can have a nice house, a nice car, successful kids and even holidays. What a good deal !

Really, many people seems to do well in there. Comfort, money, a decent level of wealth in general, education, colored yum yums, plenty of toys, smartphones, tablets, flat screens the size of a football field...what kind of idiot wouldn't jump into that train ?

But.

You read this text so far. Maybe because of the title. Maybe because of the cover. Maybe because of the itch.

You tried your hardest to get rid of it : music, movies, hobbies, credits, holidays, work, love, hate, politics, literature... At best, you muffled it for a while. Then, it came back: anger, sadness, depression... And now, this text.

You have the intuition that something is amiss. You feel that you're missing something. Like a dead pixel in a digital photo, like an out-of-tune note in a symphony, like a speckle of dust on the lens (I could go on for hours), something is not where it should be.

Well, you know how your body rebuilds itself using the food you eat, right ? Your guts disassemble everything you put in your mouth and uses it as construction material. You become what you eat.

It's the same for your soul. You become what you do; as the French philosopher Michel Clouscard put it in 'La Bête Sauvage', your culture is your soul. It may seem strange or too much, but I found out this is true.

If you never open a book (fictions, novels, love stories don't count; I'm talking about literature), if you just listen / read / watch whatever is advertised by mainstream media, then your soul is made of this crap. Don't puke and don't call me an asshole. You know I'm not lying. And remember: I once was in this situation, too. If you want to change, then there's no need to be ashamed. Your goodwill is your pride.

Your culture, your soul

Over the years, I found that we spend most of our time recombining existing elements: ideas, pictures, quotes, music, paint... Real creation doesn't happen often. Our minds, our imaginations feed off the things we see, the texts we read, the music we listen to... Our cultural environment sets our standards in life, for everything we do: food, music, taste in general, the way we talk, the clothes we buy,...

"You can take a women out of the ghetto, but you cannot take the ghetto out of a women." So true.

Often, people say : "I don't get why students have to learn arts, music, geography or history. It doesn't help to pay the bills."

It's not about the bills, it's not about your stomach at all. It's about what we call "social mobility". A unique chance to climb the cultural ladder, a ticket to better taste, a glimpse at something else than MTV, gangsta rap, bitches and evil muslims.

The road to a better version of yourself.

The outside world

Not a pleasant place if you want my opinion. Who lives there ? Well, mainly people who are too dumb or too mad (or both) to be accepted in the matrix. This is the sad truth about the outside world. Nevertheless, some of its inhabitants are wonderful and exiting: creative geniuses, authentic artists, passionate scientists, culture lovers, talented musicians, visionary graphic designers, all knowledgeable, clever and open minded fellows.

Good. You're probably like me though, an honest, but somewhat limited human being. Not good at drawing, can't sing, couldn't write a good novel, bad at math, certainly not a genius... Does it mean we belong to the too-dumb-too-mad category ?!

Come on, love yourself a bit ! Living outside the matrix doesn't require anything special. You don't need to make big changes to your life: do the switch step by step. Believe me or not, I started by climbing the stairs instead of using the elevator. It was as simple as that. This effort was quickly followed by another one: instead of listening to music while commuting, I decided to read books written by philosophers, sociologists and politicians. Also, I lost a few kilos.

Reading books doesn't make you more intelligent right on the spot. Books gives you tools to understand the world around you. The good news is you don't have to read a lot, but to read what matters. Pick books that you think will make a difference.

Could you be THX 1139 ?

"Let us be thankful we have commerce. Buy more. Buy more now. Buy. And be happy.", THX 1138, by George Lucas, 1971.

Yes, the George Lucas who created Star Wars. It took me by surprise too.

Let's be clear about something: leaving the matrix is not a big deal, I mean, you don't have to set anything on fire or to speak angry words at anyone. To the others, you will remain unchanged for quite a while. One day they will notice, they will see the way you make your decisions has changed, the things you like are different, but not immediately.

And that's perfectly fine. You don't have to become or to behave like a weirdo just because you chose to read Arthur Schopenhauer instead of Dan Brown. Hipsters are a bad example: they look weird and they are known to despise anything they consider mainstream. Avoid idiots, but don't become an arrogant fool. Instead, share your passion and your new discoveries with anyone who might be interested.

Run Logan !

I'm pretty sure that many of you, readers, don't really believe me. Leaving the comfort of the matrix ? What for ? I don't want to become socially awkward ! I don't want to disconnect from what my friends like ! I don't want to become a stranger in my own family !

First, getting interested in alternative culture doesn't mean you will become some kind of creepy Cthulhu cultist. What will happen to you is just that: you will enhance your taste, improve your culture, get a better understanding at the way the world works, refine your opinions, discover new ways of thinking, overall, you will become more knowledgeable. People like that, because this planet is full of blind fools.

Second, you will discover that some books can move you much more than any movie. Some texts will literally touch your soul, you will feel like if the author wrote it especially for you. It's an exhilarating sensation, because someone else felt exactly the way you feel and put it on paper. Such an experience will change your understanding of the words "soul mate".

Change yourself before you change the world

Oh well, last paragraph. Already. Have I said what I intended to ? Not sure. I hope you will be kind and pardon me if I ever forgot something. It's not easy not to sound like some inspirational chakra-opening guru.

My message is: when asked to choose between A and B, ask about C, D...up to Z. Listen to classical music, jazz music, death metal, doom metal, even this disgusting crap called world music. Read books written by sociologists, philosophers, read good science-fiction (Dan Simmons for example).

Play video games created by small studios, watch movies in their original language with subtitles, quit the Right/Left loop-of-death when it comes to politics.

Don't limit your choices to whatever the mainstream media have on their menu. Try to be a vegetarian for three months, do some sport and farewell.

One last thing: don't try to change the world, change yourself first.






Drones, Bluetooth et Smart Bidules.
tme - 2015-07-17


Je viens tout juste de déposer Marcus à l'école. Je n'ai pas utilisé la voiture, nous avons marché. Sur le chemin du retour, j'ai pensé qu'il serait bien de publier quelques nouvelles au sujet de l'aventure australienne bis. Alors voilà.

Je suis arrivé en Australie, à Melbourne, le mercredi 7 mai 2014 au terme d'un assez long voyage de 23 heures. Mon ami Manu m'avait accompagné jusqu'à la Place Carrée aux Halles ; nous avions partagé son studio trois mois durant.

Je n'ai commencé à travailler qu'en Décembre 2014. Ce que j'ai fait entre temps ? Dans l'ordre : passer du temps avec Ia et les enfants, profiter de la plage, ouvrir un compte sur GitHub et y placer un peu de code frais, essayer de faire un peu de sous avec Zazzle et Pinterest et ouvrir un blog dédié à mon métier. C'était très bien, je suis content d'avoir eu la chance de pouvoir faire tout ça.

En avril 2015, mon CDD est arrivé à sa fin. Deux mois plus tard, j'ai rempilé pour un autre CDD, auquel j'ai mis fin au bout d'un mois. Le travail ne me plaisait absolument pas. Cela fait donc un peu plus de 15 jours que je ne suis plus employé par personne. Glandouille ? Un peu, mais j'ai quand même eu le temps de : mettre en vente un zine entièrement réalisé par moi-même dans une boutique spécialisée de Melbourne ("Stickers"), remettre une nouvelle série d'articles en chantier pour mon blog, passer deux entretiens avec Australia Post, aller à un Meetup DevOps, acheter une smartwatch accompagnée d'écouteurs Bluetooth, aller à la gym tous les jours, acheter deux drones sur eBay et apprendre à les piloter (bien plus difficile que prévu), acheter à pas cher une Neo Geo X trouvée par hasard à Cash Converters et renforcer ma ludothèque PC Engine.

Cela fait beaucoup d'achats, mais certains des objets acquis soit mettent à jour la façon dont je fais certaines choses, soit me permettent de m'essayer à quelque chose de totalement nouveau. Prenons la smartwatch et les écouteurs Bluetooth : cette petite montre me permet de téléphoner, envoyer/recevoir des SMS, écouter la musique stockée sur mon smartphone Android (MP3, Google Music, Youtube) et relaie toutes les notifications (e-mails, appels, Facebook, LinkedIn, météo...) émanant du téléphone. Elle dispose également d'une mémoire interne sur laquelle j'ai entreposé ma playlist pour le fitness, que j'écoute grâce au casque sans fil hyper-léger et intra-auriculaire qui va bien.

La batterie de mon smartphone dure nettement plus longtemps, car il n'est plus sollicité que pour les choses que la montre ne peut pas faire. Quant au casque Bluetooth, je n'en reviens pas qu'un truc aussi petit et fin puisse ne serais-ce qu'exister. Ces deux objets, bien que finalement communs de nos jours, me semblent sortis tout droit d'un roman de science-fiction.

Les drones eux-aussi sont fascinants : le plus petit est si rikiki qu'il pourrait se poser sur ma montre ! Le plus gros embarque une caméra vidéo qui enregistre tout ce qu'elle voit sur une carte Micro SD. Piloter ces engins n'est pas facile du tout...ah, excusez-moi, ma montre me bip...je viens de recevoir un message de la part d'un recruteur à partir de LinkedIn...je lirai ça plus tard. Oui, je disais que piloter un drone est plus dur que je le pensais, mais c'est très amusant. Il va me falloir pratiquer encore quelques jours avant d'être à l'aise.

Nous sommes en 2015 déjà... La technologie a beaucoup progressé ces 20 dernières années. En Décembre, cela fera 20 ans que j'ai acheté mon premier ordinateur, un AMIGA 1200. Il y a 20 ans, ma montre, mes drones, mon smartphone, mon iPad Mini et même le réseau WiFi de la maison étaient à proprement parler, de la science-fiction. Dans 20 ans, en 2035, ce sera la robotique domestique qui aura radicalement changé la face du monde. Les hôpitaux, les maisons de retraite, les prisons, les cars de CRS, les usines, les bureaux, les parkings, partout, des robots serviables, fiables, adaptables et bon marché pour s'occuper de nous.

La Société Civile à son stade final.






Billets plus récents | Billets plus anciens